David Puippe | Dis-moi taxi : la voiture automotrice, c’est aussi de la concurrence déloyale ?
Energetic, pragmatic, multilingual, results-focused swiss entrepreneur and politician
David, Puippe, Politician, Swiss, Entrepreneur, Sykkeen, PLR, FDP, JLR, JLRVS
16623
single,single-post,postid-16623,single-format-standard,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-title-hidden,qode-theme-ver-6.1,wpb-js-composer js-comp-ver-4.3.5,vc_responsive
Uber Rider Drop Off

06 juil Dis-moi taxi : la voiture automotrice, c’est aussi de la concurrence déloyale ?

(source image: Uber)

Faisant suite aux récents événements et échauffourées en Europe des compagnies de taxi à l’encontre de la société américaine Uber, je souhaitais partager mon avis ainsi que quelques éléments factuels (étant utilisateur Uber) permettant à tout un chacun d’affiner sa propre opinion. Qu’offre véritablement Uber ? Est-ce véritablement une concurrence déloyale ? La profession de chauffeur de taxi n’est-elle pas déjà obsolète avec l’arrivée prochaine des voitures automotrices ?

 

Qu’offre Uber qu’un taxi n’offre pas ?

Tout d’abord, avant de parler de quelconque coût ou tarif, je souhaite aborder les services offerts aux travers d’une prestation Uber:

  • Prix maximal fixé à l’avance: lorsque je commande ma course avec Uber, l’application me fournit un prix maximal sur lequel Uber s’engage à me rembourser en cas de dépassement. Je n’ai ainsi aucune surprise lors du paiement et possède la garantie que mon chauffeur Uber n’effectuera aucun détour pour gonfler artificiellement ma facture comme certains taxis le font.
  • Détail du trajet: lorsque je termine ma course avec Uber, je reçois dans la même minute un courriel avec le détail de mon parcours ainsi que le détail de la facturation (temps, distance, prise en charge). Aucun taxi ne m’a jamais fourni, à ce jour, cette option.
  • Carte de crédit: lorsque je commande mon chauffeur avec Uber, je n’ai pas besoin de liquidités. Mon application Uber est connectée à ma carte de crédit et je me débarrasse ainsi des tracas du paiement que je rencontrerais dans un taxi n’utilisant pas Uber. De plus, lorsque je dois courir prendre mon train, c’est un gain de temps non-négligeable qu’un taxi ne m’offre pas.
  • Notation: lorsque je termine ma course avec Uber, je peux noter le chauffeur qui m’a transporté. Ainsi, je recommande indirectement un chauffeur aux autres utilisateurs qui peuvent voir sa note moyenne lors de leur commande. Si mon chauffeur Uber n’a pas été agréable, la sanction sera immédiate; au contraire, si la prestation de mon taxi n’a pas été à la hauteur de mes attentes, les autres usagers devront subir les mêmes contraintes sans en être informés. Avec Uber, j’ai aussi cette garantie de qualité lors de ma prochaine commande grâce aux autres utilisateurs d’Uber.
  • Prestations annexes: puisque mon chauffeur Uber sera noté, il donne le meilleur de lui pour me proposer un trajet confortable. Par exemple, lors d’une période caniculaire, il me fournit une bouteille d’eau gratuitement lors de mon trajet. Un taxi ne m’a jamais offert une collation lors de mon trajet.
  • Entretien des véhicules: mon chauffeur Uber utilise son véhicule au quotidien à titre privé ou professionnel. Combiné au fait qu’il soit noté, il entretient son véhicule d’une bien meilleure manière que de nombreux taxis.

 

Bien d’autres arguments peuvent agrémenter la liste des avantages proposés par les chauffeurs Uber. Cher taxi, avant de prôner la concurrence déloyale, je te recommande fortement d’aligner le niveau de tes prestations afin que nous puissions te considérer comme un réel concurrent d’Uber. Aujourd’hui, Uber te surpasse tout simplement.

 

Concurrence déloyale ?

Les sociétés de taxi se plaignent d’une concurrence déloyale au travers de plusieurs arguments que je souhaite citer et auxquels je m’oppose:

  • Déclaration des revenus: les sociétés de taxi se plaignent que tous les chauffeurs Uber ne déclarent pas leurs revenus (travail au noir). Tout d’abord, le travail au noir est qualifié lorsque la prestation est payée en liquide; malheureusement, Uber impose le paiement par carte de crédit et les autorités fiscales peuvent le constater en cas de plainte. De plus, comme pour toute profession libérale, il incombe au travailleur de déclarer ses revenus. En tant qu’employé, si je ne déclare pas l’entier de mes revenus, il s’agit de ma responsabilité et non pas celle de mon employeur ou de la société qui m’a mis en relation avec mon client.
  • Licences: les sociétés de taxi peuvent emprunter les voies de bus dans les différents carrefours en possédant grâce aux licences. Lorsque j’utilise un véhicule labellisé Uber, je suis contraint de subir les aléas de la route comme tous les autres usagers. Il est donc normal qu’un taxi coûte plus cher puisqu’il fournit une prestation supplémentaire. Avec Uber, je suis libre de ne pas consommer cette prestation.
  • N’importe qui devient chauffeur: cet argument ne tient pas la route. En effet, chez Uber, il faut avoir un âge minimum, un permis de conduire depuis plusieurs années et, entre autre, un casier judiciaire vierge pour devenir chauffeur. Si je souhaite me faire transporter par une personne que l’on jugerait comme moins compétente, je le fais à mes propres risques et périls tout en sachant que cette prestation est moins chère. Il s’agit ni plus ni moins qu’un marché libre et concurrentiel dans lequel on m’offre une alternative « low-cost » avec plus de prestations.

 

Ce ne sont pas les seuls arguments utilisés par les taxis pour défendre leur position. Cependant, cher taxi, au lieu de protéger ton marché en perdant une énergie folle à critiquer le monde qui t’entoure, je t’encourage vivement à remettre en cause ton raisonnement.

 

Voiture automotrice ?

Les voitures automotrices, qu’est-ce que c’est ? Ce sont des voitures capables de rouler sans chauffeur. De nombreuses sociétés technologiques travaillent sur ce type de projet, dont Google, Apple, Tesla mais aussi Uber qui possède l’un des budgets R&D les plus élevés dans ce domaine.

Aujourd’hui, Uber ne garde « que » 20% du montant perçu lors de la course à titre de commission et verse le 80% restant au chauffeur. Qu’en sera-t-il demain lorsqu’Uber n’aura plus besoin de chauffeurs ? Uber pourra aisément baisser sa gamme de prix ou, au contraire, augmenter ses marges. C’est une société qui est libre d’établir sa propre stratégie et elle le fera.

Cependant, selon un rapport de LearnBonds, le CEO d’Uber (Travis Kalanick) aurait annoncé vouloir acheter 500’000 Tesla RoboCar (voiture automotrice) d’ici 2020 si cela s’avère possible. Selon Elon Musk (CEO de Tesla), une version améliorée de la Model S pourrait déjà conduire à San Francisco sans que le conducteur n’ait quoi que ce soit à faire. Avec d’autres acteurs tels que Google (auquel Uber pourrait s’associer), Apple et bien d’autres, ce marché possède d’ores et déjà un bel avenir.

 

Conclusion

Lorsque l’on voit l’évolution d’ores et déjà programmée de l’industrie automobile (voiture automotrice), il n’est qu’une question de mois avant qu’Uber ne puisse plus être accusé de concurrence déloyale. Alors, dis-moi, cher taxi: la voiture automotrice sera-t-elle toujours de la concurrence déloyale? Si oui, attaque-toi aussi, et dès à présent, aux transports publics. Dans tous les cas, les jours de ta profession telle que tu la connais aujourd’hui sont comptés. Je t’encourage à dépenser ton énergie à innover et redevenir concurrentiel avant que tu ne perdes l’entier de ta clientèle.